
Premier clip d’une chanteuse qui débute, « Maman a tort » va faire parler d'elle et secouer le monde des médias. Il y subira une sévère censure dans les émissions pour enfants. La chanson, aux allures de comptine enfantine s’avérait, après écoute un tant soit peu plus attentive, contenir des propos susceptibles de choquer l’opinion publique. Le clip qui devait illustrer la chanson se devait d’être dans la continuité de cette perversité détournée... Ce fut le cas!
Le clip en vidéo
Réalisateur: Laurent Boutonnat.
Année: 1984.
Durée: 3'50.
Scénario: Laurent Boutonnat.
Production: RCA.
Budget: 5000 Francs
Temps de tournage: 2 jours.
Lieux de tournage: inconnu.
Personnages: Mylène, trois enfants.
Thèmes principaux: Enfance, sexe.

Anecdotes:
*La nuisette vaporeuse et transparente de Mylène a empêché le clip d'être diffusé sur toutes les télés.*
*Le clip "Maman à tort" devait être retourné en cinémascope et en noir et blanc pour une durée d'environ 10 minutes, le budget devait s'élever à plus de 450 000 Francs, la maison de disque n'en a pas vu l'utilité et à refusée.*

*Le scénario prévu par Laurent était bien plus spectaculaire et important. C'était les prémices du clip vidéo. Dans le story-board de Laurent, Mylène était dans une chaise roulante conduite par une bonne sœur infirmière. Des liens se tissaient entre les deux femmes. Pour échapper à cet amour qu'elle ne comprend pas, la jeune fille se jette du haut d'une falaise...*

*Le clip qui aurait pu être réalisé aurait été une référence à la vie de Frances Farmer (dont Mylène s'est inspirée pour son nom de scène). Une artiste vit la désillusion de sa vie et est confrontée aux techniques psychiatriques du début du siècle. *
Le clip : histoire
Un clip au bord de la folie et de la schizophrénie (Univers Frances Farmer et Freud), Mylène passe par tous les états d'âme.
Le clip s'ouvre sur deux portraits: madame la maman de Mylène, soit Marguerite Gautier à l'âge de Mylène et Sigmund Freud... (référence au fantasme et à l'interdit). Mylène, enfant du psychanalyste pour justifier de sa folie ou le mariage fictif de Freud et de sa mère.
Mylène campe en sœur aînée qui conduits ses
frères et sœurs à la révolte contre leur mère. Autour de cette révolte
dérangeante, gravitent des sentiments qui le sont tout autant : la transgression
de l’interdit, l’amour pour une infirmière, la tristesse indicible qui
accompagne la nuit,...
Mylène subi également les
foudres des enfants: sa tête leur sert de repas, son corps est représenté sous
la forme d'un mannequin de fer, comme si tout son être avait disparu. Il ne
reste plus que l'âme ou le visage qui se noie de larmes, reçoit gifle sur gifle
dès qu'elle confie aimer les «plaisirs impolis» ou en rit.
Il apparaît donc dans le clip, la revanche de la fille sur sa mère qui perd
toute autorité et puissance. La Mère, ainsi détrônée, est réduite à un état
ridicule d’incompréhension et d’impuissance.
« Maman a tort » est un clip le premier clip qui va mettre en place l'univers
Farmer, Boutonnat vient de laisser sa trace et sa vision des choses. A eux deux
ils vont révolutionner le monde du clip.
LE STORY-BOARD

Intro. Deux paires de pieds côte à côte avancent face à la caméra. Les pieds s'arrêtent.

Mylène et sa mère sont de dos. Devant elles on aperçoit le portail d'un hôpital. Elles avancent vers lui. La caméra les suit en travelling avant.

Mylène et sa mère font connaissance de l'infirmière qui va s'occuper de la jeune fille. Travelling arrière en diagonale droite.

Mylène suit l'infirmière qu'elle tient par la main à l'intérieur de l'hôpital, Elle regarde une dernière fois sa mère. Travelling latéral droite-gauche. Fin de l'introduction.

On installe la jeune fille sur un fauteuil roulant. Zoom arrière. Panoramique gauche-droite.

La tête baissée, elle parle doucement : "1, maman à tort; 2, c'est beau l'amour; 3, l'infirmière pleure; 4,,je l'aime". Travelling arrière.

Mylène est triste. Elle voudrait dormir. Deux infirmières la force à se tenir debout.Elle chante : "1, quoique maman dise; 2, elle m'oubliera". La scène est tournée au ralenti.

Les infirmiers ont enfermé Mylène dans dans une pièce. Travelling avant sur son visage.

Plan américain trois-quarts droite. L’infirmière a délivré Mylène; A présent elle la lave dans une gigantesque bassine. Mylène regarde la caméra en chantant : "J'aime ce qu'on m'interdit, les plaisirs impolis". "J'aime quand elle me sourit, j'aime l'infirmière." Ralenti.

La mère de Mylène contemplait la scène. Elle sort de l'ombre et se précipite pour frapper sa fille. Le plan est demi-rapproché et filmé en contre-plongée.

Plan américain. Couchée dans son lit, Mylène regarde l'infirmière qui va partir. Elle pleure. "4, j'ai peur; 5, c'est dur la vie; 6, pour un sourire; 7, j'en pleure la nuit; 8, et vous ?".

Mylène s'est échappée de l'hôpital. Des infirmières se lancent aussitôt à sa poursuite. Plan général plongé.

La jeune fille fonce à travers des enfants et des nones qui s'écartent, terrifiées travelling avant.

La jeune fille est arrivée près d'une tour de forteresse. Après un moment d'arrêt, elle se dirige vers elle. Plan grand ensemble. Légère contre-plongée.
L'infirmière qui s'est occupée de Mylène suivie du personnel de l'hôpital tente désespérément de la rattrapée. La caméra avance en travelling latéral gauche-droite.

Plan moyen. Légère plongée de l'infirmière qui regarde Mylène sur le haut de la tour. Zoom avant lent. Elle crie en faisant des signes à Mylène.

Contre-plongée totale de la tour. On assiste à la lente tombée du corps de Mylène...
scénario : Laurent BOUTONNAT Dessins : Vincent DEYRAMA
Le clip en images