Premier clip live de Mylène, subtil mélange de deux univers, Edgar Allan Poe et Mylène Farmer

 

Le clip en vidéo

 

Réalisateur: Laurent Boutonnat.

Année: 1989.

Durée: 5'42.

Scénario: Laurent Boutonnat et François Hanss.

Production: Requiem Publishing.

Budget: environ 30 000 euros.

Temps de tournage: 2 jours.

Lieux de tournage: Marne-la-Vallée.

Personnages: Mylène, le moine.

Animaux: Un cheval blanc.

Thèmes principaux: la mort, la fin d'une époque.

 

Anecdotes

*Le clip a été tourné sur deux jours par deux réalisateurs:

- premier jour : tournage des scènes avec le moine et le cheval.

- deuxième jour : Mylène et le décor en feu.

C'est Laurent Boutonnat qui filme l'ensemble de l'œuvre, mais François Hanss qui fait tous les gros plans, notamment sur le décor enflammé (et presque au péril de sa vie).

*Dans les coulisses du clip, on peut voir Mylène se changer pour mettre la robe du clip dans sa voiture.

*Il a fallu deux explosifs et un lance-flamme pour réduire le décor de la tournée 1989 en cendres...

* Les scènes du cheval ont été tourné dans un grand hangar dont le sol était recouvert de 60 cm de boue. Laurent avait fait appel aux quatre danseuses du concert pour les revêtir de linceuls blancs et les faire marcher et se vautrer dans la boue. Mais devant la violence des images, il préféra ne pas les inclure dans le clip et ne garda que le cheval.

 

Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe est un écrivain américain, poète, romancier et nouvelliste du XIXe siècle. Il a aussi travaillé comme critique littéraire et éditeur bien qu'il soit plus connu en tant qu'auteur. Il est, en effet, considéré - avec Jules Verne - comme l'un des précurseurs de la littérature de Science-fiction et du fantastique moderne. Ses nouvelles - Double assassinat dans la rue Morgue, La lettre volée, Le mystère de Marie Roget - figurent parmi les premières œuvres reconnues comme policières.

Il est né le 19 janvier 1809 à Boston dans le Massachusetts et mort le 7 octobre 1849 à l'hôpital de Baltimore de congestion cérébrale. Il est le deuxième des trois enfants d'un couple de comédiens. Sa mère meurt en 1811 à l'âge de 24 ans de tuberculose laissant ses enfants orphelins; leur père alcoolique était aussi mort l'année auparavant de tuberculose. Sa sœur Rosalie est une handicapée mentale et son frère William Henry, meurt lui aussi à 24 ans, alcoolique et tuberculeux.



Orphelin à l'âge de 3 ans, il est confié à la charité de la bourgeoisie de Richmond, et il est adopté par la famille Allan, négociante de tabac, qui s'installe pour quelque temps à Liverpool; cette famille lui donnera son second prénom. L'Angleterre mystérieuse va impressionner l'enfant et lui donner le goût du fantastique macabre. Il suit des études classiques et littéraires. À l'Université de Virginie, il commence à contracter des dettes de jeu et rompt avec son père adoptif qui refuse de les payer.
Edgar Allan Poe s’éteint d'une crise de delirium tremens à l'hôpital un 7 octobre 1849. Fou et travailleur acharné, poète maudit pour certain, il est un grand conteur américain, à l'imaginaire assez macabre, qui marquera à jamais le genre fantastique

source : http://www.jesuismort.com

Citations d'Edgar Allan Poe

 

J'habitais seul un monde de plaintes, et mon âme était une onde stagnante
Eulalie

Par-delà les montagnes de la lune, et au fond de la vallée de l'ombre,
chevauche hardiment, répondit l'ombre
Eldorado
 
Le Corbeau
Edgar Allan Poe
Traduction de Charles Baudelaire

Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, – murmurai-je, – qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela et rien de plus. »

Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, – et qu’ici on ne nommera jamais plus.

Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; – c’est cela même, et rien de plus. »

Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, dis-je, ou madame, en vérité, j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu frapper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; – les ténèbres, et rien de plus.

Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » – C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » Purement cela, et rien de plus.

Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, – dis-je, – sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; – c’est le vent, et rien de plus. »

Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; – il se percha, s’installa, et rien de plus.

Alors, cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, – lui dis-je, – soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que – Jamais plus !

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, – jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »

Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : Sans doute, – dis-je, – ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : « Jamais – jamais plus ! »

Mais le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son – Jamais plus !

Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur : je cherchai à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, – ah ! jamais plus !

Alors, il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient les séraphins dont les pas frôlaient le tapis de ma chambre. « Infortuné ! – m’écriai-je, – ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : «Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, – dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! – hurlai-je en me redressant. – Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le corbeau, immuable, est toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, – jamais plus !

 

Le clip : histoire

Une épaisse fumée noire, un cheval blanc qui apparait. Puis le moine qui se dirige vers le décor du live armé d'un lance flamme. Première notes de musique, le moine commence le carnage.

Mylène est là devant ce décor en flamme, elle regarde son passé et son œuvre partir en fumée.

Le clip est une alternance de cette scène avec le live. Sans oublié la référence à Edgar Allan Poe dont le portrait brûle et est piétiné par le cheval.

Le clip comme le précédent marque la fin d'une période de la carrière de Mylène.

 

Le clip en images